Dans le cadre de notre série sur les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP) en Occitanie, nous avons rencontré Amina Benkirane, médiatrice en santé et représentante d’usagers, qui intervient auprès de plusieurs MSP dans le Gard depuis huit ans. Son expertise en médiation et sa connaissance approfondie des droits des patients en font une interlocutrice privilégiée pour comprendre le parcours de soins en MSP.
Les MSP offrent aux patients un cadre où divers professionnels de santé collaborent pour fournir des soins coordonnés et personnalisés. Cependant, naviguer dans ce système peut parfois s’avérer complexe. Amina Benkirane nous éclaire sur les droits des patients, le rôle du dossier médical partagé, et le fonctionnement des commissions des usagers. Découvrez comment ces structures s’engagent pour garantir un accès équitable et respectueux aux soins.
Médiatrice en santé et représentante d'usagers
Intervient auprès de plusieurs MSP du Gard depuis 8 ans
Q1 : Pouvez-vous nous présenter votre rôle de médiatrice en santé et représentante d’usagers ?
Amina Benkirane : « En tant que médiatrice en santé, mon rôle principal est d’assurer une communication fluide entre les patients et les professionnels de santé. J’interviens pour faciliter le dialogue, résoudre les incompréhensions et aider à trouver des solutions en cas de conflits. Mon objectif est de m’assurer que chaque patient est entendu et que ses droits sont respectés. Je consacre en moyenne 10 à 15 heures par semaine à des médiations, et chaque année, je participe à environ 50 réunions de suivi avec les équipes de soins.
En tant que représentante d’usagers, je veille à ce que les préoccupations des patients soient prises en compte dans la gestion des MSP. Je participe aux commissions des usagers, où nous discutons des politiques de santé, des procédures mises en place, et nous veillons à ce que les soins soient dispensés dans le respect des droits des patients. Ma mission est d’être la voix des usagers, de défendre leurs droits et de promouvoir un système de santé transparent et équitable. Par exemple, nous avons récemment mis en place une charte des droits des patients qui a été adoptée par plusieurs MSP de la région. En complément, nous avons organisé des ateliers de sensibilisation sur les droits des patients, qui ont réuni plus de 200 participants l’année dernière, renforçant ainsi la culture des droits dans nos structures. »
Q2 : Que se passe-t-il lors du premier contact avec une MSP ? À quoi les patients doivent-ils s’attendre ?
Amina Benkirane : « Lors du premier contact avec une Maison de Santé Pluriprofessionnelle, les patients peuvent s’attendre à un accueil chaleureux et à une explication détaillée du fonctionnement de la structure. Souvent, une première consultation est organisée pour évaluer les besoins du patient et pour définir un parcours de soins personnalisé. En 2022, près de 70% des nouveaux patients en Occitanie ont bénéficié de ce type d’accueil initial.
Le patient sera informé des services disponibles au sein de la MSP, des divers professionnels de santé qui y exercent, et des modalités de coordination des soins. Il est essentiel que le patient comprenne le rôle de chaque professionnel et comment ils travailleront ensemble pour optimiser sa prise en charge. Les MSP mettent en avant la collaboration et l’échange d’informations, toujours dans le respect de la confidentialité. Par ailleurs, des brochures explicatives et des ressources en ligne sont souvent mises à disposition pour aider les patients à se familiariser avec le fonctionnement de la MSP. Pour en savoir plus sur les MSP, vous pouvez consulter notre annuaire des structures de proximité. »
Q3 : Quel est le rôle du dossier médical partagé dans le parcours du patient ?
Amina Benkirane : « Le dossier médical partagé (DMP) est un outil essentiel dans le parcours de soins en MSP. Il s’agit d’un carnet de santé numérique qui centralise les informations médicales du patient. Grâce au DMP, tous les professionnels de santé impliqués dans le parcours de soins peuvent accéder aux antécédents médicaux, résultats d’examens, et traitements en cours, ce qui facilite grandement la coordination des soins. Actuellement, plus de 12 millions de DMP sont actifs en France, avec une augmentation significative depuis l’intégration des outils numériques dans les MSP.
L’utilisation du DMP permet d’éviter les redondances d’examens et d’assurer une continuité des soins. Les patients ont la possibilité de gérer leur DMP, de décider qui peut y accéder, et de suivre les consultations effectuées. En pratique, cela se traduit par une meilleure réactivité en cas d’urgence, puisque les professionnels peuvent rapidement consulter l’historique médical du patient. Pour plus d’informations sur le DMP et la messagerie sécurisée, référez-vous à notre guide numérique santé. »

Q4 : Quels sont les droits du patient en MSP en termes d’information, de consentement et de choix du praticien ?
Amina Benkirane : « Les droits des patients en MSP sont centrés sur trois grands principes : l’information, le consentement et le choix du praticien. Tout d’abord, chaque patient a le droit d’être informé de manière claire et compréhensible sur son état de santé, les traitements proposés, et leurs alternatives. Cette information doit être délivrée dans un langage accessible, sans jargon médical compliqué. En Occitanie, une enquête a montré que 85% des patients se sentent bien informés par leur MSP.
Ensuite, le consentement du patient est primordial. Avant tout acte médical, le patient doit donner son accord libre et éclairé. Il a le droit de refuser un traitement ou de demander un second avis médical. Enfin, le patient a la liberté de choisir ou de changer de praticien au sein de la MSP, selon ses préférences et ses besoins. Ces droits sont fondamentaux pour garantir une prise en charge respectueuse et adaptée. Par exemple, nous avons mis en place un système de feedback régulier qui permet aux patients d’exprimer leur satisfaction ou leurs préoccupations, et ces retours sont pris en compte pour améliorer les services. Pour en savoir plus, consultez notre page dédiée aux droits des patients en MSP. »
Droits fondamentaux du patient en MSP
- Droit à l’information claire et précise
- Droit au consentement libre et éclairé
- Droit à la confidentialité des données
- Droit de choisir son praticien
- Droit de faire des réclamations
Q5 : Que faire en cas de désaccord ou de réclamation ?
Amina Benkirane : « En cas de désaccord ou de réclamation, il est important que le patient sache qu’il existe des procédures claires et établies pour résoudre ces situations. Dans un premier temps, il est recommandé de discuter directement avec le professionnel de santé concerné pour tenter de résoudre le problème à l’amiable. Environ 60% des désaccords se résolvent à ce stade.
Si la situation persiste, le patient peut s’adresser à un médiateur en santé ou à un représentant d’usagers pour obtenir de l’aide dans la formulation de sa réclamation. Les patients ont également la possibilité de soumettre leur réclamation à la commission des usagers de la MSP, qui examine les plaintes et propose des solutions. Par ailleurs, certaines MSP organisent des sessions d’écoute où les patients peuvent exprimer leurs frustrations ou inquiétudes de manière anonyme, contribuant ainsi à un environnement de soins plus ouvert et compréhensif. Voici les étapes à suivre en cas de réclamation :
- Discuter avec le professionnel concerné
- Contacter un médiateur ou un représentant d’usagers
- Soumettre la réclamation à la commission des usagers
Pour plus de précisions, vous pouvez consulter notre article sur la coordination en MSP. »
Q6 : Quel est le rôle des associations d’usagers et des représentants de patients ?
Amina Benkirane : « Les associations d’usagers et les représentants de patients jouent un rôle crucial dans la défense des droits des patients et l’amélioration des pratiques en santé. Ils agissent comme des relais entre les patients et les professionnels de santé, veillant à ce que les préoccupations des usagers soient entendues et intégrées dans les politiques de santé. Par exemple, l’association “Santé pour Tous” a contribué à l’élaboration de 25 propositions pour améliorer l’accès aux soins en zone rurale.
Les représentants participent aux commissions des usagers, où ils apportent leur point de vue et leurs expériences en tant qu’usagers du système de santé. Ils œuvrent pour une meilleure prise en compte des besoins des patients, notamment des plus vulnérables, et encouragent le développement de pratiques de soins plus humaines et inclusives. De plus, ces associations organisent régulièrement des forums ou des journées portes ouvertes qui rassemblent patients, professionnels de santé, et décideurs, favorisant ainsi un dialogue constructif et continu. Leur rôle est essentiel pour maintenir un dialogue constructif entre les différents acteurs de la santé. »
Q7 : Comment les MSP accompagnent-elles les publics fragiles ou isolés ?
Amina Benkirane : « Les MSP mettent en place divers dispositifs pour accompagner les publics fragiles ou isolés. Elles travaillent en étroite collaboration avec des associations locales et des services sociaux pour identifier et soutenir les personnes qui rencontrent des difficultés d’accès aux soins. En 2021, plus de 500 initiatives ont été recensées en Occitanie pour soutenir ces publics.
Des actions spécifiques sont menées pour assurer un suivi régulier et personnalisé de ces publics, avec la possibilité d’adaptations nécessaires selon les besoins. Les MSP peuvent par exemple organiser des consultations à domicile ou proposer des ateliers d’éducation thérapeutique pour mieux gérer les pathologies chroniques. L’accompagnement des familles est également central, comme en témoigne le travail réalisé par des associations telles que Familles Durables. Par ailleurs, les MSP développent des programmes de téléconsultation pour les personnes ayant des difficultés à se déplacer, assurant ainsi une continuité de soins essentielle. Nous orientons aussi certains patients isolés ou en détresse psychologique vers des ressources de soutien complémentaires, comme des plateformes d’information sur la prise en charge de la dépression, en complément du suivi assuré par l’équipe de la MSP. »
Q8 : Qu’en est-il de la confidentialité et du partage d’informations entre professionnels dans une MSP ?
Amina Benkirane : « La confidentialité des informations médicales est un droit fondamental des patients en MSP. Chaque professionnel de santé est tenu au secret médical, et le partage d’informations entre eux ne se fait qu’avec le consentement éclairé du patient. Selon un rapport de 2022, 95% des patients en MSP déclarent se sentir en confiance quant à la gestion de leurs données personnelles.
Le dossier médical partagé joue un rôle clé en permettant un accès sécurisé aux informations pertinentes pour la coordination des soins. Cependant, les patients ont le contrôle sur qui peut consulter leur DMP et peuvent à tout moment restreindre l’accès à certaines données. Des protocoles stricts sont en place pour garantir que seules les informations nécessaires à la prise en charge sont partagées, toujours dans le respect des droits de chaque patient. En outre, des audits réguliers de sécurité sont effectués pour s’assurer que les normes de protection des données sont respectées. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur le numérique en santé. »
Q9 : Comment fonctionnent les commissions des usagers en Occitanie ?
Amina Benkirane : « Les commissions des usagers en Occitanie jouent un rôle central dans l’amélioration continue des services offerts par les MSP. Elles se réunissent régulièrement, souvent tous les trimestres, pour analyser les retours des patients et formuler des recommandations. Chaque commission est composée de représentants d’usagers, de professionnels de santé, et parfois de membres de la direction des MSP.
Leur fonctionnement repose sur le principe de transparence et de dialogue. Par exemple, lorsqu’une réclamation est portée devant la commission, elle est examinée de manière anonyme pour garantir l’impartialité du processus. Ensuite, des solutions sont proposées, et un suivi est assuré pour vérifier leur mise en œuvre. En 2022, plus de 200 réclamations ont été traitées par ces commissions en Occitanie, aboutissant à des améliorations significatives dans la communication entre patients et professionnels de santé.

Les commissions des usagers ne se contentent pas de traiter les réclamations ; elles sont également force de proposition pour des actions préventives. Par exemple, elles peuvent organiser des campagnes de sensibilisation sur les droits des patients ou proposer des formations pour les professionnels de santé afin de mieux répondre aux attentes des usagers. Leur objectif est d’assurer que chaque patient se sente respecté et écouté tout au long de son parcours de soins. Ces initiatives permettent de renforcer la confiance des patients dans le système de santé, contribuant ainsi à une meilleure satisfaction globale. »
Foire aux questions
Qu'est-ce qu'une commission des usagers et comment fonctionne-t-elle en Occitanie ?
La commission des usagers est un organe consultatif au sein des MSP qui examine les plaintes et propositions des patients. En Occitanie, elle se réunit régulièrement pour discuter des pratiques de soins et proposer des améliorations.Comment puis-je trouver une MSP près de chez moi ?
Vous pouvez utiliser notre outil en ligne pour [trouver une maison de santé](/trouver-maison-de-sante/) près de chez vous, en fonction de votre localisation et de vos besoins de santé.Quels sont les droits fondamentaux des patients en MSP ?
Les droits fondamentaux incluent le droit à l'information, le consentement libre et éclairé, la confidentialité des données, le choix du praticien et la possibilité de faire des réclamations.Comment le DMP aide-t-il dans la coordination des soins ?
Le DMP centralise toutes les informations médicales du patient, facilitant la communication entre les professionnels de santé et assurant une prise en charge cohérente et suivie.Qui contacter en cas de problème avec ma MSP ?
En cas de problème, vous pouvez contacter directement votre praticien, un médiateur en santé, ou soumettre une réclamation à la commission des usagers.| Situation | Interlocuteur | Délai ou moyen de contact |
|---|---|---|
| Désaccord avec un praticien | Praticien concerné | Directement, lors d’une consultation |
| Réclamation formelle | Commission des usagers | Soumission écrite |
| Besoin de médiation | Médiateur en santé | Rendez-vous via la MSP |
| Informations sur les droits | Représentant d’usagers | Contact via la MSP |
Les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles sont des structures innovantes qui promettent une prise en charge globale et coordonnée des patients. En comprenant mieux vos droits et le fonctionnement de ces structures, vous serez à même de tirer pleinement parti des services offerts par votre MSP. Pour approfondir vos connaissances, n’hésitez pas à visiter notre page comprendre maison de santé.
Questions fréquentes
La commission des usagers est un organe consultatif au sein des MSP qui examine les plaintes et propositions des patients. En Occitanie, elle se réunit régulièrement pour discuter des pratiques de soins et proposer des améliorations.
Vous pouvez utiliser un outil en ligne pour trouver une maison de santé près de chez vous, en fonction de votre localisation et de vos besoins de santé.
Les droits fondamentaux incluent le droit à l'information, le consentement libre et éclairé, la confidentialité des données, le choix du praticien et la possibilité de faire des réclamations.
Le dossier médical partagé centralise toutes les informations médicales du patient, facilitant la communication entre les professionnels de santé et assurant une prise en charge cohérente et suivie.
En cas de problème, vous pouvez contacter directement votre praticien, un médiateur en santé, ou soumettre une réclamation à la commission des usagers.
